Dafna est notre avenir

Une toute jeune fille de 17 ans, Dafna Rothstein Landman, est la porte-parole de 50 lycéens israéliens qui, arrivés à l’âge de faire leur service militaire, refusent de servir dans une armée d’occupation. Les jeunes objecteurs et objectrices de conscience (car les filles sont aussi appelées dans l’armée israélienne) ont écrit une lettre au Premier ministre israélien, Netanyahu, en lui signifiant qu’ils n’acceptent pas d’être enrôlés dans une armée qui viole les droits humains et accomplit des actes que le droit international considère comme des crimes de guerre.

« Nous ne porterons pas l’uniforme. »

Dans une interview au journal italien « Il Manifesto » (11 mars 2014), Dafna explique que leur décision a mûri alors qu’ils avaient eu l’occasion d’aller en Cisjordanie et de constater personnellement les violences de l’armée israélienne à l’égard des Palestiniens, dans le cadre de l’occupation.

Une religieuse pacifiste écope de 3 ans de prison !

Le nom de Megan Rice ne vous dit sans doute rien. Cette religieuse catholique américaine de 84 ans a été condamnée à 35 mois de réclusion pour avoir pris part en juillet 2012 à une protestation anti-nucléaire.

Megan Rice

Elle avait fait irruption, avec d’autres pacifistes, dans une entreprise du Tennessee qui produit de l’uranium enrichi qui sert dans l’armement. Ils ont été reconnus coupables de sabotage, d’attentat à la sécurité nationale et de dommages causés à une entreprise appartenant au gouvernement. Ils avaient pénétré par effraction et écrit des slogans pacifistes sur les murs des magasins contenant 400 tonnes d’uranium enrichi. Engagée depuis plus de 30 ans dans le mouvement pacifiste, Megan Rice a déjà été arrêtée plusieurs dizaines de fois.

« Femmes pour la Paix  » est co-signataire de la lettre envoyée au Premier ministre lui demandant de retirer les armes nucléaires stockées sur le territoire belge.

Monsieur le Premier Ministre

Suite à l’initiative du Vrouwenraad, la Plateforme 1325 a été créée en 2009 en Belgique. La plateforme comprend des organisations civiles et des membres féminins du Parlement. Elle a pour but de veiller à l’implémentation de la Résolution 1325 de l’ONU (adoptée le 31 octobre 2000) et de mener également des actions.

Une des actions les plus connues jusqu’à présent est l’hommage à une soixantaine de femmes de paix, qui se sont engagées ou qui s’engagent toujours pour la paix, ici ou à l’étranger. Les hommages ont pris place en 2010, 2011 et 2012 (la dernière fois la Reine Paola était présente). Au mois de mai 2012, les femmes de paix furent accueillies au Château de Laeken par le Roi Albert et le Reine Paola.
La Résolution 1325 met surtout l’accent sur le rôle des femmes comme actrices de paix et leur attribue une place autour des tables de négociations et un rôle important dans la reconstruction de la communauté et du pays après le conflit.
Les femmes de paix se sentent ainsi concernées par la position belge regardant les armes nucléaires sur notre territoire.
Les femmes de paix estiment qu’un désarmement nucléaire général est nécessaire. Les armes nucléaires sont des armes de destruction collective avec des suites très nuisibles pendant des années durant après l’attaque. Les pays qui ne possèdent pas d’armes nucléaires se sentent obligés d’en produire ou d’en acquérir. Le stockage est un danger permanent et coûte énormément d’argent, qui pourrait être dépensé à meilleur escient.
Nos enfants et petits-enfants ont droit à un monde sans armes nucléaires. Ces armes ne sont pas faites pour se défendre. Elles n’ont rien affaire avec la paix et les Droits de l’Homme. Il n’y a qu’une seule solution possible: elles doivent disparaître.
Le retrait des armes nucléaires du territoire belge peut y contribuer. Les femmes de paix insistent pour que le gouvernement les fasse enlever, comme convenu dans le dernier accord gouvernemental. Les budgets, qui seront ainsi disponibles, pourront être investis dans de vrais projets de paix, comme l’aide au développement, les Droits de l’Homme et l’implémentation de la Résolution 1325.
Notre pays a le droit de prendre une décision autonome en cette matière. Les femmes de paix vous demandent, Monsieur le Premier Ministre, de prendre encore les décisions nécessaires durant la législature actuelle.
Nous vous prions de croire, Monsieur le Premier Ministre, à l’assurance de notre haute considération.

Pour le groupe « des Femmes de Paix »

Mordechaï Vanunu

Mordechaï Vanunu est ce courageux ingénieur nucléaire israélien qui, en 1986, a dévoilé que son pays, l’État d’Israël, fabriquait des bombes atomiques.
Pour avoir alerté le monde sur ce risque nucléaire, il a passé 18 années de sa vie en prison (dont 11 en isolement total).
Depuis sa « libération » en 2004, il continue d’être harcelé : interdiction de voyager, obligation de résidence, interdiction de parler à un(e) étranger(e), etc. C’est ainsi qu’en 2011 il est encore une fois retourné en prison pour avoir rencontré sa fiancée… norvégienne.
Femmes pour la Paix lui a envoyé ses vœux pour 2014, espérant le voir cette année recouvrer sa pleine liberté. Il nous a répondu en espérant recouvrer sa liberté, concluant d’un « See you in Freedom. »

Mordechaï Vanunu

Mordechaï Vanunu

Des armes pour la Syrie ? Criminel mais surtout illégal

Les bonnes âmes conseillent partout d’armer l’opposition syrienne afin de soulager ce peuple martyr. Les décisions récentes des gouvernements européens vont dans ce sens et suppriment l’embargo.
Non seulement il y a un fort risque que ces armes soient utilisées par des intégristes religieux de tous poils pour martyriser encore davantage la population civile, mais en outre cette intervention dans le conflit armé débouchera évidemment sur une escalade de la violence (les Russes, les Chinois ou les Iraniens pourraient armer de leur côté le gouvernement syrien) et surtout elle est parfaitement illégale.
Le dernier numéro de la Lettre d’information du GRIP (Groupe de recherche et d’information sur la paix et la sécurité- Les nouvelles du GRIP N°68-2ème semestre 2013) publie à ce sujet un article très fouillé de Mélanie De Groof sur l’illégalité des transferts d’armes .
 Les gouvernements européens s’étaient engagés à ne faire de livraisons d’armes qu’à des gouvernements et à ne jamais exporter d’armes qui pourraient aggraver ou prolonger un conflit. On est loin du compte !
Ne manquez pas de lire entièrement cet article qui apporte des arguments légaux à ceux qui, comme nous, préfèrent favoriser la voie diplomatique pour « aider » la Syrie à sortir de l’impasse. « 

Deux femmes-soldats israéliennes témoignent

Le quotidien italien « Il Manifesto » (13 août 2013 -article de Michele Giorgio à Jérusalem) a publié une interview de deux femmes–soldats israéliennes (Gil Hillel et Adi Mazor) dénonçant la violence contre les Palestiniens, violence à laquelle elles ont été mêlées.Volontaires pour faire partie d’une unité de combat en Cisjordanie, elles racontent aujourd’hui les humiliations quotidiennes auxquelles se livrent les militaires israéliens à Hébron.
L’entraînement reçu vise à déshumaniser tous les Palestiniens et le comportement des soldats n’est pas exempt de sadisme.
Après s’être longtemps tues, les deux jeunes femmes ont décidé, comme d’autres avant elles, de « Rompre le silence ».